Commerce de centre-ville : un plan de relance en 9 mesures

Dans la foulée du rapport sur la relance du commerce de centre-ville, rendu début novembre par ses auteurs – Frédérique Macarez (maire de Saint-Quentin), Dominique Schelcher (Pdg de Coopérative U) et Antoine Saintoyant (directeur de la Banque des territoires) – le ministre du Commerce, Serge Papin, a retenu neuf mesures sur les 30 proposées, en insistant plus particulièrement sur les rôles des foncières de revitalisation et des managers de centre-ville. 

 

Le commerce de centre-ville, qui souffre de difficultés chroniques depuis de nombreuses années – en témoigne un taux de vacance commerciale qui s’élevait à 10,64 % en 2024 – bénéficie de toute l’attention du nouveau ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat. En effet, Serge Papin a fait de la redynamisation des centres-villes l’un des grands axes de sa politique, avec la lutte contre les plateformes asiatiques, le made in France ou encore la transmission d’entreprises. 

La mensualisation des loyers commerciaux et le plafonnement des dépôts de garantie, très attendus par les commerçants, attendent toujours d’être transposés dans la loi (suite à l’accord signé mi-2024 entre bailleurs et locataires) mais – priorité à la loi sur le budget oblige – devront patienter encore un peu. En revanche, Serge Papin a accueilli avec enthousiasme le rapport sur la relance du commerce de centre-ville, réalisé avec par Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin (Aisne), Dominique Schelcher, Pdg de Coopérative U, et Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des territoires.  

 

FONCIÈRES ET MANAGERS AU CHEVET DU COMMERCE DE CENTRE-VILLE 

Un rapport dense (112 pages) comprenant 30 propositions, dont 9 ont été retenues par le ministre du Commerce : soutenir les foncières de redynamisation commerciale, financer les managers de centre-ville, faire de la taxe sur les friches commerciales (TFC) un levier efficace, développer l’IA, renforcer les programmes Action Cœur de ville et Petites villes de demain, donner accès à toutes les solutions pour lutter contre la vacance commerciale, soutenir la création d’entreprises dans les territoires fragiles, développer la charte Ville commerçante à l’échelle nationale, lancer l’expérimentation Made in local. 

Les deux premières mesures font d’ailleurs l’objet d’une attention toute particulière et d’un financement ad hoc par la Banque des Territoires. Créées en 2020, alors abondées par une première enveloppe de 300 M€, les foncières de revitalisation servent à réhabiliter des commerces dans les villes moyennes et bénéficieront d’une nouvelle manne de 100 M€. Tandis que les managers de centre-ville (des professionnels qui accompagnent les municipalités dans leur aménagement commercial), actuellement au nombre de 515 partout en France, vont voir leurs effectifs grossir grâce à un financement supplémentaire de 20 M€. 

 

LUTTE CONTRE LA CONCURRENCE DES PLATEFORMES 

Enfin, dans leur lutte contre la distorsion de concurrence avec les plateformes e-commerce, notamment chinoises, les acteurs du commerce physique ont été à moitié entendus par le monde politique. Si les députés français ont suivi le rapport Schelcher-Macarez-Saintoyant en approuvant (le 19/11) la mise en place d’une taxe de 2€ ciblant les colis extra-européens de moins de 150 €, le ministre n’a en revanche pas retenu l’autre taxe proposée par le trio, qui visait les entrepôts de plus de 400 m² des acteurs numériques, afin qu’ils soient taxés non plus comme des locaux de stockage mais comme des surfaces commerciales à part entière.