FNAC Darty : le gouvernement va contrôler l’investissement de JD.com

En prenant le contrôle de l’allemand Ceconomy, leader européen de la distribution électrodomestique, le géant chinois JD.com deviendrait le deuxième actionnaire (22%) du groupe français Fnac Darty. À la demande du ministère de l’Économie, inquiet pour la souveraineté culturelle et l’accès aux données clients, JD.com a déposé une demande d’examen au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IEF). 

  

Le rachat, en cours de finalisation pour 2,2 Md€, du distributeur allemand de produits électrodomestiques Ceconomy par le géant chinois JD.com n’en finit plus de faire des vagues… en France. Car avec 22 % du capital du groupe Fnac Darty, la proie allemande de JD.com n’est autre que le deuxième actionnaire de « l’agitateur culturel » français, derrière le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (28 %). 

Cette irruption d’un groupe chinois au capital du premier vendeur de livres de l’Hexagone dépasse la simple transaction économique et révèle des enjeux liés à la souveraineté culturelle française. Car si Ceconomy (donc bientôt JD.com) ne dispose d’aucun contrôle sur Fnac Darty et n’a pas de représentant au conseil d’administration, l’inquiétude se concentre sur l’accès aux données des quelques deux millions d’abonnés du groupe français.  

En effet, la législation chinoise sur le renseignement national de 2017, qui dispose d’une portée extraterritoriale, permettrait de contraindre JD.com à extraire des données sensibles de ses filiales européennes… dont potentiellement Fnac Darty, détenteur d’un volume critique d’informations sur les habitudes de consommation des Français.  

  

UNE ARRIVÉE AU CAPITAL SOUS CONDITIONS 

Inquiet pour sa souveraineté culturelle, le gouvernement français n’a cependant que peu de marges de manœuvre, puisque l’opération de rachat de Ceconomy se déroule en Allemagne. L’État a donc activé son unique moyen de pression : le contrôle des investissements étrangers en France (IEF). Un dispositif qui permet à la France de soumettre un investissement étranger à une autorisation préalable dans certains secteurs sensibles, afin préserver ses intérêts économiques.  

À la demande du ministère de l’Économie, JD.com a donc déposé, à la mi-novembre, une demande d’examen au titre du contrôle des IEF. L’éligibilité de la demande doit être examinée sous un délai d’un mois. Si elle est recevable, le ministère de l’Économie pourra alors demander des conditions à l’entreprise avant son arrivée au capital. Une procédure qui peut prendre jusqu’à trois mois. Le feuilleton ne fait que commencer…