Petits colis : Paris et Bruxelles serrent la vis face aux plateformes asiatiques
La riposte européenne contre l’afflux massif de colis low-cost venus d’Asie s’intensifie. En France, comme à Bruxelles, les pouvoirs publics accélèrent la mise en place de nouvelles taxes et de droits de douane visant les petits envois de moins de 150€, au cœur du modèle économique de plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress.
Mercredi 19 novembre, l’Assemblée nationale française a adopté une taxe de deux euros sur les colis extra-européens de moins de 150€. La mesure, votée par 208 députés contre 87, cible explicitement l’explosion des importations issues des plateformes chinoises, accusées par les commerçants français de tirer parti d’un cadre réglementaire plus laxiste.
L’UNION EUROPÉENNE SUPPRIME L’EXEMPTION DOUANIÈRE
DES COLIS DE MOINS DE 150€
Au niveau européen, les Vingt-Sept ont validé la fin de la franchise douanière pour tous les colis dont la valeur est inférieure à 150€. Une rupture majeure pour un mécanisme en vigueur depuis 2010. Les ministres des Finances européens se sont accordés pour taxer tous les colis dès le premier euro à partir du premier trimestre 2026, mais les modalités restent débattues : Bruxelles privilégie un taux forfaitaire, tandis que la France milite pour un montant fixe par colis. La décision finale sera tranchée lors du Conseil des ministres des Finances du 12 décembre.
UNE RÉPONSE COORDONNÉE AU MODÈLE DES PLATEFORMES LOW-COST
Ces mesures s’inscrivent dans une volonté politique commune : rétablir des règles de concurrence équitables face à des marketplaces qui expédient leurs produits directement au consommateur final, en contournant une partie des exigences sociales, fiscales et environnementales appliquées aux acteurs européens. Pour la France, cette convergence européenne marque une victoire. « Une avancée très positive », s’est ainsi félicité Serge Papin, ministre du Commerce, saluant le fait que les initiatives nationales contribuent à accélérer des réponses européennes concrètes.
Avec ces nouvelles règles, Shein, Temu et AliExpress doivent désormais composer avec un paysage fiscal et douanier en pleine mutation, destiné à freiner un modèle reposant sur des volumes massifs de colis ultra low-cost tout en sécurisant le consommateur européen.