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mardi 26 mai 2026

La promotion des ventes se réinvente à l’ère du retail media et de la data

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La promotion des ventes se réinvente à l’ère du retail media et de la data
Face à des consommateurs plus volatils et à des parcours d’achat fragmentés, la promotion en point de vente se réinvente. Expérience immersive, retail media, data et mesure de la performance redessinent les stratégies des marques et des enseignes. Mondelez, Heineken, Values et Altavia partagent un même constat : le magasin reste central, mais ses codes changent.

Le point de vente demeure un espace stratégique dans la décision d’achat. Les marques estiment encore qu’une large majorité des choix des consommateurs se joue en magasin. Mais si ce territoire conserve toute son importance, les leviers d’activation évoluent profondément.
La promotion traditionnelle continue de jouer un rôle clé, notamment dans des catégories très promotionnelles comme la bière. Pourtant, elle ne suffit plus à créer durablement de la préférence de marque ni à stimuler l’achat d’impulsion. L’enjeu est désormais d’enrichir l’expérience en magasin tout en renforçant la capacité de mesure et d’optimisation des dispositifs.

Réenchanter le point de vente
Pour répondre à cette évolution, les marques multiplient les formats expérientiels. Chez Mondelez, les activations prennent la forme de boutiques éphémères installées au cœur des magasins, capables d’immerger les consommateurs dans l’univers de marques comme Milka pendant plusieurs semaines. À côté de ces opérations ponctuelles, des dispositifs plus permanents investissent durablement les espaces commerciaux.
L’objectif est clair : transformer un achat fonctionnel en expérience de marque, générer de l’incrémentalité pour les marques comme pour les catégories, tout en apportant aux enseignes une animation différenciante.

Même dynamique chez Heineken, où l’accent est mis sur la pédagogie et l’accompagnement du shopper. Face à une offre toujours plus vaste, la théâtralisation du rayon, les mises en scène produit et les animations humaines permettent d’aider le consommateur à mieux comprendre les usages et les bénéfices des produits. Une démarche particulièrement importante dans un secteur encadré par des restrictions réglementaires fortes, comme celui des boissons alcoolisées.

Retail media : du merchandising au pilotage en temps réel
L’essor du retail media prolonge cette transformation du magasin. Les outils digitaux reprennent certains codes historiques du merchandising — affichage, têtes de gondole, visibilité en point de vente — mais y ajoutent de nouvelles capacités de rapidité, de ciblage et de mesure.

Là où les activations physiques nécessitent des délais de production et de déploiement importants, les formats digitaux peuvent être activés quasi instantanément sur les plateformes e-commerce ou sur des réseaux d’écrans en magasin. Grâce aux données issues des programmes de fidélité, les marques disposent également d’une granularité de ciblage inédite. L’exposition publicitaire peut désormais être rapprochée des données de caisse, ouvrant la voie à une mesure beaucoup plus fine de l’impact commercial.

L’exécution devient un levier de compétitivité
Cette montée en puissance des activations retail pose aussi la question de leur industrialisation.
Pour des groupes comme Altavia, l’enjeu consiste à produire à grande échelle tout en maintenant une forte maîtrise économique. Optimisation logistique, rationalisation des process et réduction des pertes deviennent des facteurs essentiels pour soutenir le déploiement massif des campagnes.

Les nouveaux modèles d’organisation permettent ainsi de réduire sensiblement les coûts opérationnels tout en augmentant les volumes de production, démontrant que performance marketing et efficacité industrielle peuvent avancer de concert.

La data, nouveau juge de paix des activations
La capacité à mesurer l’efficacité des dispositifs devient aujourd’hui déterminante dans les arbitrages budgétaires. Les marques s’appuient de plus en plus sur des méthodologies d’évaluation avancées pour isoler l’impact réel des opérations menées en magasin. Les tests comparatifs entre points de vente exposés et magasins témoins, ainsi que les modèles de Marketing Mix Modeling développés par des acteurs comme Nielsen ou Circana, permettent d’analyser la contribution respective des différents leviers marketing.

Les acteurs du retail media, comme Values, exploitent quant à eux les données transactionnelles pour affiner le ciblage, personnaliser les activations et relier plus précisément exposition média et achats réels. Une approche qui permet de mesurer l’incrémentalité à un niveau de précision inédit.

Une approche omnicanale du parcours d’achat
Au-delà de la performance individuelle des dispositifs, les acteurs du secteur convergent vers une même conviction : l’efficacité repose sur l’intégration des canaux et sur la pertinence du ciblage.
Un dispositif ne produit pas les mêmes résultats selon les territoires, les profils de consommateurs ou les contextes de consommation. Les stratégies d’activation doivent donc combiner segmentation géographique, connaissance shopper et articulation des leviers.

PLV physique, retail media, télévision, réseaux sociaux et actions hors magasin tendent ainsi à fonctionner comme un ensemble cohérent, destiné à accompagner le consommateur tout au long de son parcours, de l’exposition à la conversion.

Une promotion qui change de dimension
La promotion des ventes n’a pas disparu ; elle se transforme. Plus immersive, plus digitale et davantage pilotée par la donnée, elle associe désormais expérience de marque, ciblage précis, excellence opérationnelle et mesure rigoureuse de la performance.

Une évolution qui illustre la mutation du marketing retail : un point de vente où l’expérience, la technologie et la rentabilité deviennent indissociables.